La pêche blanche n’a pas le cœur à la fête

La fête de la pêche n’est pas une occasion de fêter cette année compte tenu de l’acharnement du ministère à mettre fin à la pêche blanche organisée

Saint-Eustache, 30 mai 2017 – Les adeptes de pêche blanche n’ont pas le cœur à la fête cette année suite à la décision d’interdire la pêche aux poissons-appâts vivants. Cette décision a été prise suite à un amalgame que le ministère à fait avec le dossier de la carpe de roseau, un poisson qui a le dos large, en invoquant une disposition d’urgence non justifiée et démontrant une improvisation totale dans le dossier.

Pourtant, il existe des solutions pour garantir la sécurité écologique et économique de cette activité. La mairesse Renée Rouleau de St-Georges-de-Clarenceville, les maires Jacques Landry de Venise-en-Québec et Jean-Luc Barthe de St-Ignace-de-Loyola ont rencontré le ministre Luc Blanchette du ministère de Forêts, Faune et Parcs en compagnie des représentants de menés.quebec pour leur faire part de leur solution autofinancée qui permettrait d’établir un réseau de sentinelles de surveillance de la faune aquatique. Il est important de rappeler que l’approvisionnement de poissons-appâts s’effectue dans le fleuve et ses affluents et que l’utilisation des poissons-appâts vivants n’est autorisée que dans le fleuve et ses affluents. Contrairement aux dires du ministère, il n’est donc pas possible d’introduire de nouvelles espèces dans ce circuit fermé. La carpe de roseau n’a tout simplement pas été introduite par la pêche aux poissons-appâts.

Paradis du Pêcheur
Raymond Tessier, conseiller municipal de Saint-Eustache; David Joly, président de menés.quebec; Benoit Charette, député de Deux-Montagnes; Sébastien Rhéaume et Annick Sabetta du Paradis du Pêcheur

La pêche blanche attire 5 fois plus d’adeptes que la pêche estivale là où elle est présente

« L’élimination des poissons-appâts vivants aura le même effet sur nous que si le ministère interdisait le sirop d’érable dans les cabanes à sucre », indique M. David Joly, responsable du regroupement menés.quebec. « C’est une attaque, sans solution de rechange, à une tradition québécoise et à toute la relève de la pêche qui s’initie en famille à cette belle activité qui a perdu plus de 55 000 adeptes ces dernières années. Nous avons proposé une solution qui permettrait au Québec d’enrichir ses connaissances en faune aquatique et de pratiquer la pêche aux poissons-appâts en toute sécurité écologique. »

L’apport économique et touristique de la pêche blanche est cinq fois plus important là où il est présent. C’est l’activité de pêche familiale la plus économique et le bassin de la relève que le gouvernement tente pourtant de promouvoir avec la « Fête de la pêche » qu’on sacrifie. Le ministère qui dit invoquer la science pour prendre ses décisions n’a pas de problème à ignorer ses propres études scientifiques qui prouvent qu’il n’existe aucun substitut aux menés vivant pour la pêche blanche. Cette utilisation de la science à géométrie variable rend perplexe sur les vrais motifs de la décision.

Une attente interminable pour l’industrie

« L’industrie de la pêche blanche vit des moments très difficiles présentement. Plusieurs entreprises se préparent à fermer définitivement leurs portes. Déjà que l’industrie était aux prises avec des saisons écourtées ces deux dernières années, ils doivent maintenant faire face à l’incertitude des baisses de revenus liées aux poissons-appâts. », précise M. Mathieu Lemay, porte-parole de Coalition Avenir Québec en matière d’environnement, de développement durable, de faune et de parcs.

L’enfer du Paradis du Pêcheur

Annick Sabetta et Sébastien Rhéaume du Paradis du Pêcheur ont perdus 60% de leur chiffre d’affaire en 2012 lors de l’interdiction de la pêche aux poissons-appât vivants l’été malgré l’assurance des représentants du ministère qui leur prédisait que ça n’affecterait pas leurs revenus. « En ce moment, ils nous disent la même chose qu’ils nous disaient en 2012, ce n’est rien de réconfortant. Ils nous prouvent encore qu’ils n’ont aucune idée des impacts des décisions qu’ils prennent. Nous leur avons pourtant fait une proposition qui permettrait de moderniser tout ça. »

Annick Sabetta et Sébastien Rhéaume du Paradis du Pêcheur
Annick Sabetta et Sébastien Rhéaume du Paradis du Pêcheur

Benoit Charrette, député de Deux-Montagnes ajoute « C’est 200 000 citoyens qui pratique la pêche blanche, la très grande majorité dans des centres de pêches et pourvoiries qui assurent des conditions sécuritaires aux pêcheurs. S’ils ferment leurs portes à qui reviendra la responsabilité d’assurer la sécurité des pêcheurs ? Où iront les futurs 26 500 jeunes qui ont été initiés à la pêche blanche avec le programme Pêche en herbe ? Le gouvernement doit pouvoir répondre à ces questions. »

Le ministère n’a toujours pas de réponses concrètes à donner à l’industrie et aux usagers qui subissent un préjudice sans précédent. Nous comptons sur le ministre Blanchette pour faire la part des choses dans ce dossier.

En terminant, rappelons que l’élimination des poissons-appâts va à l’encontre des autres juridictions des affluents du fleuve Saint-Laurent. Cela signifie que d’une rive à l’autre, la réglementation sera différente à certains endroits. Il ne faudra pas oublier d'avertir les poissons de ne pas franchir la frontière...

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